Soupers

Création du 8 au 26 février 2011 à la salle Jean-Claude Germain du théâtre d'Aujourd'hui.
En reprise du 13 novembre au 1er décembre 2012 à la salle Jean-Claude Germain du Théâtre d'Aujourd'hui.
En tournée au Québec de décembre 2012 à mars 2013.


Résumé

Marc-Antoine est un obèse dans la trentaine qui vit seul avec son chat et travaille comme concepteur de jeux vidéo. On le suit, de façon anachronique, à travers plusieurs soupers au restaurant en tête à tête soit avec sa mère, sa soeur, une collègue de travail ou son chat, Guy.

Soupers est une comédie grinçante qui traite de l'incommunicabilité, de la difficulté à partager nos désirs, nos rêves, ce que nous sommes profondément vis-à-vis de nos proches; de la situation ambiguë de l'homme moderne ne sachant plus où se placer dans son rapport avec les femmes; de la fuite dans un monde virtuel accaparant, fait de valeurs idéalisées et difficiles à lier au réel.

 

 

 

 

Mot de l'auteur
Je vous invite à venir dans un restaurant. Celui que vous voulez.
Vous êtes à une table seul(e) ou bien avec un(e) ami(e), un(e) amant(e), un parent, une connaissance, un(e) collègue, un flirt ou une relation trop compliquée pour être décrite en un mot.
Bref, vous attendez votre repas et à la table près de vous le ton monte, vous percevez quelques bribes de conversations qui piquent votre curiosité (malsaine?).
Vous ne pouvez plus vous empêcher d'écouter, voyeur de ces personnes dont vous imaginez la vie.
Voilà ce qu'est Soupers.
Pièce inspirée du restaurant, ce lieu public où se nouent et se dénouent des milliers de relations intimes, alors que des yeux indiscrets observent et que des oreilles épient (les vôtres).
Pourquoi les soupers?
Parce que c'est parfois la seule chose qui reste de notre famille, les soupers.
Parce que c'est en mangeant qu'on veut entrer en relation.
« Vous viendrez souper ! » lance-t-on à ces amis qu'on a plus le temps de voir.
Comme si toutes les rencontres importantes devaient se faire en mangeant.
Comme si la nourriture nous permettait d'être réellement nous-mêmes ou bien nous protégeait face à l'amour, la peur, la haine, l'envie, la pitié, le désir de franchise, d'hypocrisie, de violence ou de sexe qu'on éprouve les uns pour les autres.
C'est avec le souper qu'on se rencontre. Souvent mal. Toujours la bouche pleine.
La nourriture est là pour combler ce vide qu'on cherche à remplir.
Pourquoi les jeux vidéos?
Parce qu'ils sont magnifiques, on peut enfin être un autre que soi-même!
Et c'est ce qui les rend odieux.
Parce qu'ils nous manipulent, posent des questions morales, nous confrontent, nous font perdre un temps fou, nous font vivre l'impossible.
Parce qu'ils sont un monde.
Virtuel certes, mais où ce qui est important dans notre vie réelle (nos choix, notre mort, le sens de notre vie, notre but, nos relations) sont ici anecdotiques.
Parce qu'ils changent notre rapport à notre monde, le vrai.
Pourquoi comédie grinçante?  Parce qu'il vaut toujours mieux en rire.
Ça fait du bien.


Simon Boudreault