Magnifique première pour As is (tel quel) Au théâtre Jean Duceppe

9 septembre 2015

On a tous eu une première job. 

Un endroit où on fitait pas nécessairement. 
Et le défi de faire sa place.
Une place à délimiter avec des bons coups et des coups de coude.
En peu de temps, il faut apprendre les règles, les codes, les jeux de pouvoir, ce qui se fait et ce qui ne se fait pas.
Il y a peu de différence finalement entre être un nouveau qui arrive dans un bureau, un enfant dans une classe, un Casque bleu en Afghanistan, un loup solitaire dans une meute. 
À chaque fois, on se sent comme une goutte d'huile dans un verre d'eau.

Ma première job, ça été trieur de cossins dans le sous-sol de l'Armée du Salut.
Des objets. Partout. Des objets éparpillés. Partout. Des objets ramassés. Partout. 
Des tas d'objets en tas.
J'y ai travaillé un été. Depuis c'est un lieu qui me hante. 
Les gens, leurs regards, la distance qu'ils prenaient quand j'étais là. 
Ils m'appelaient l'intellectuel. 
Ils voulaient comprendre ce que je faisais là. Moi aussi d'ailleurs.
Peut-être pour que j'écrive cette pièce. 
Elle est pour eux.

L'Armée du Rachat. Pour nous sauver. De quoi?  
Je me suis toujours demandé qu'est-ce que ça voulait dire « aider »?
Est-ce qu'on le fait pour ceux qu'on aide ou pour être dans la gang de ceux qui aident?
Quand on aide on se met à la place de l'autre. Mais toujours selon notre point de vue. 
Est-ce que l'aide en est une vraie? 
Une de celle qui change les choses pour le mieux. 
C'est ce qu'on voudrait. 

Merci au Centre du Théâtre d'Aujourd'hui d'avoir permis à ce spectacle d'exister.
Merci à La Compagnie Jean Duceppe d'accueillir cette oeuvre dans son coeur.
Merci à Simoniaques Théâtre, mes amis, sans qui rien n'aurait été possible.

Simon Boudreault

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